Mardi 8 novembre 2011 2 08 /11 /Nov /2011 23:19

Le thème proposé par Illustration Friday me permet de rendre hommage à un étudiant américain arrivé par je ne sais quel hasard au lycée Henri Martin au cours de l’année scolaire 1956/57.

gilbert taggart-rough


Et j’en profite une fois de plus pour proposer une nouvelle création sur le socle en attente devant le lycée Henri Martin et une nouvelle utilisation du carton à dessin de Quentin de la Tour.


 

Gilbert Taggart arrivait dans le cadre d‘échanges franco-américains et était chargé d'un cours de conversation anglaise qui venait en supplément de notre anglais 2ème langue.

J’avais 14 ans et je redoublais ma 3ème ; par bonheur, j’étais tombé dans une classe sympathique (et je suis resté depuis en relation avec un certain nombre des camarades de cette année-là).

Nous avons rapidement appris que Gilbert Taggart était un fondu de cinéma d’animation, et qu’il travaillait sur un court-métrage dans sa chambrette de pion dans les combles du lycée.

Je n’ai jamais vu le court-métrage en question mais Gilbert nous avait montré quelques dessins préparatoires qui dans mon souvenir étaient assez proches de l’esprit Disney des débuts et son héros une sorte de Mickey traité en aplats très simples de noir et blanc.

J’étais surpris qu’il ne connaisse pas mes dieux de l’époque - et  d’aujourd’hui encore Franquin et Morris - mais sans doute que l’hebdomadaire Spirou ne franchissait pas souvent les frontières du Colorado d'où il venait.

Assez rapidement, Gilbert a proposé aux élèves passionnés de dessin de participer à un petit montage d’images fixes qui mettait en scène son personnage à partir d’un scénario créé collectivement.

Je me souviens de séances de travail chez Jean-François Soufflet qui n’habitait pas trop loin du lycée, où les images produites par chacun d’entre nous étaient collées bout à bout pour pouvoir être projetées ensuite sur écran ;  et de quelques mesures de l’ouverture de Cavalerie légère (dans la tradition de Tex Avery que je ne connaissais pas à l’époque) inclues dans la bande son.gilbert-taggart-statue-.jpg

En repensant récemment à toute cette époque, j’ai essayé de voir si je trouvais des traces de Gilbert Taggart grâce à Internet.

Et surprise, j’ai retrouvé son nom lié au cinéma d’animation au Canada…             

J’essaie donc de reprendre contact, pour recevoir par l’intermédiaire de Moving Images Distribution à Vancouver la nouvelle de son décès assez récent.


Goodbye Gilbert, je te dédie ce monument…

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Mardi 1 novembre 2011 2 01 /11 /Nov /2011 15:06

1946-47-serge-et-ses-grenouilles.jpg

Il y a un moment que j’essaie de mettre de l’ordre dans mes archives.

D’où cette retrouvaille avec une aquarelle de ma tante Germaine , que je daterais de 1946 ou 1947.

Je dois avoir dans les quatre, cinq ans maximum, et ma mère, qui espérait une fille après la naissance de mon frère aîné Pierre, le filleul de Germaine, me coiffait avec ces jolies boucles, n’est-il pas ?

Je me souviens de ces bains dans la cuisine de ma grand-mère « Mamy » à Paris dans un tub, mobilier de salle de bain tombé en désuétude de nos jours.

Sur le petit buffet un peu Art déco, (sans doute une création de mon artiste de tante qui ne craignait pas en dehors des pinceaux de manier la scie et le marteau) ses deux chattes Titite et Totote, la mère et la fille, qui reproduisaient le schéma des locataires habituels du petit appartement de la rue de Berri.

N’étais-je pas mignon en ce temps-là ?

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Lundi 17 octobre 2011 1 17 /10 /Oct /2011 23:41

 

 

cordeauSeptembre 1961…

Ça y est, j’ai eu mon bac et surtout je rentre à Claude B.


Claude B. : le lycée Claude Bernard à Paris, là où on prépare le professorat de dessin.


Premier cours

d ‘ « études documentaires ».


« On y passera 10 heures, 20 heures s’il le faut, mais je veux que ce soit parfait ! »

Voilà les consignes du prof, monsieur Cordeau après avoir distribué à chacun de nous des pommes de pin.


Silence de mort.


On gratte tant et plus, dans le genre photographique, au crayon à la plume et à la gouache ; on découvrira heureusement assez vite que ce monsieur Cordeau n’est pas vraiment un bourreau, qu’il a de l’humour, beaucoup d’humour, qu’on lui a attribué pour la première fois ce cours (qui deviendra dans les écoles d’art plus branchées « structure et morphologie ») et qu’il s’en tire comme il peut dans une pédagogie de l'instant qu'il adapte à cette discipline qui doit l'intéresser plus que moyennement…


 

Plus tard, nous ferons des tas de sorties avec Jacques (c’est grâce à Michel Rivière qui m’a fourni cette superbe caricature, que j’ai récemment appris son prénom) Cordeau, qui se révéla être aussi notre prof de peinture et de déco, au Louvre devant Ingres, dans des expos pour comprendre la démarche d’un Braque, d’un Chardin, au Jardin des Poètes, pas loin de Claude B. pour faire des croquis de nature sur le vif, et lui-même avait son carnet.

Nous apprendrons aussi qu’il jouait de la viole de gambe dans un ensemble de musique ancienne, un sacré bonhomme notre Cordeau !

  SD-claudeB-1961-62light

 

Et j'en suis sûr, tous les anciens de Claude B. ont gardé quelque part le son de sa voix, et souvent repris à leur compte son vocabulaire choisi,précis et ironique qui faisait mouche lorsqu’il commentait nos travaux .

Bref, le fameux « apprendre à voir » dont parlait Degas, Jacques Cordeau savait nous le faire passer.


Mais quand même, neuf et demi sur vingt pour cette étude doc’, c’était dur !

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Vendredi 7 octobre 2011 5 07 /10 /Oct /2011 13:34

 

Cet homme-là n’est qu’un rustre, il reçoit des courriers, des vrais courriers, écrits à la main, de cette dame qui lui parlent de ce qu’il aime, du temps passé, de la chose artistique.

Et cette dame lui renvoie des œuvres de jeunesse de ce rustre, qu’elle avait gardées précieusement jusque-là.

Et cet homme-là, ce rustre, semble ignorer tout ça du haut de sa tour d’ivoire, sous le fallacieux prétexte qu’il est surbooké, qu’il n’a pas une minute à lui, on trouve toujours une minute, non ?

Alors maintenant, longtemps après, il essaie de se rattraper, il lui envoie un petit dessin, sur un des supports qu’il préfère, le dos des enveloppes qu’il reçoit, et il se croit quitte.

Mais ce serait trop facile, même s’il lui dit : ma prof de dessin aura toujours vingt ans !...

Trop facile, un rustre, je vous dis.henriette-copie.jpg

 

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Mercredi 28 septembre 2011 3 28 /09 /Sep /2011 23:55

J’aime bien les statues sur les places, dans les jardins publics.

Depuis que je suis tout petit, il y a bien longtemps.

Mais pourquoi toujours prendre comme sujet un personnage célèbre, un militaire, un homme d’état, un grand scientifique, voire un artiste ?...

Par exemple, sur ce socle vide inhabité qui se trouve devant le lycée Henri Martin, si on rendait hommage à un esprit en devenir, un élève moyen, inconnu (comme le soldat) dont la particularité visible serait d’aimer le dessin.

Une utilisation toute trouvée pour ce fameux carton.

La récup’ ,en plus, un des fers de lance d'une attitude contemporaine bien comprise.amedee-martin-copie.jpg

 

Alors voilà : je vous propose ce projet:

« Amédée Martin ou la vocation naissante ».

Et l’Ecole de la Tour n’est pas loin, l’orientation de la marche décidée du jeune garçon nous l’indique, et ça fait d’une pierre deux coups.

Les décideurs devraient craquer.

Sinon, j’ai d’autres projets dans mes cartons !

Patience…

 

 

 

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